Le bateau qui coule

Hier soir dans un cinéma associatif, j’ai assisté avec quelques amis chers (Les fous) à  une projection de vidéos, comment dire; d’arts et d’essais. Et là  dans une salle non chauffée (même froide) mes yeux se sont émerveillés devant un melting pot d’image toutes plus merveilleuses les unes que les autres… Et ce matin alors que j’essayais de faire passer la joie qui m’avait assailli hier en décrivant le four à  micro-onde d’Alain K, les images saturées de Sandra Vanbremeersch, les “je t’aime” sporadiques de David Ortsman et la passion d’Alain K (toujours lui) pour la Heineken, j’ai cité dans la conversation le nom d’un (je n’ose employer le mot) film comme sommet de la nullitude cinématographique : Titanic ou ‘le bateau qui coule’. Le BQC, donc, ce monstre de supercherie, cette débauche d’argent perçue par certains et certaines comme un film “beau”. Arg rien que l’idée me répugne et me dégoûte, il me semble contempler un exemplaire de minute dans une bibliothèque. Comment les spectateurs ont-ils pu se faire avoir au point de considérer que ce ramassis d’images était séduisant ! Est-ce séduisant de voir une masse sombre s’enfoncer dans les profondeurs de la terre ? – A moins d’y voir au choix, une image phallique pénétrant la moiteur et la chaleur, ou cette anti-naissance à  laquelle aspirent les humains en souhaitant repénétrer la matrice utérine originelle… – Il semblerai d’après mon interlocuteur dont je tairai par respect le nom, il semblerai donc que c’est l’histoire d’amour qui était belle. Cette histoire rappelons le (oui j’avoue avoir vu cette infamie) est celle présentée impossible d’une riche et d’un pauvre. La pauvre afin de sauvegarder la morale des riches ayant tout de même la politesse de décéder, de crever à  la fin du “film”. Le BQC c’est ça, un sexe énorme qui s’enfonce dans une énorme masse humide et froide tandis que des pauvres pleurent devant des riches qui gagnent et des riches qui rient devant des pauvres qui crèvent… Splendide ce “film”… J’ai préféré la farce du mico-onde…ou Sandrine Elberg faitant son anniversaire. Merci à  eux quatre et aux chiottes le BQC !

About Nicolas B.

Photographe professionnel, Nicolas Beaumont vit à Paris et travaille à travers le monde. Depuis 2009 il a voyagé en Asie, en Océanie, en Afrique et en Europe.