Casanova est mort ! – Richard Casanova -

Librement réinterprété, très librement !

Richard Casanova, 48 ans, une figure du grand banditisme corse, a été tué à  l’arme de guerre, mercredi 23 avril au matin, non loin du parking d’une concession automobile à  Porto-Vecchio (Corse-du-sud). Vers 11 h 30, alors qu’il regagnait son véhicule en compagnie d’un ami, M. Casanova a été fauché par un tir mortel, ajusté depuis un muret à  proximité duquel il s’était garé. “Le tireur se trouvait à  une distance maximale de 5 ou 6 mètres. Cette exécution a été soigneusement préparée, le signe d’un contrat mené par des professionnels, néanmoins les enquêteurs laissent toutes les pistes ouvertes“, a déclaré au “Monde” José Thorel, procureur de la République à  Ajaccio.

Si son nom était peu connu du grand public, Richard Casanova, né le 3 juillet 1959 à  Bastia, s’était forgé une véritable légende dans le monde du théatre. Après avoir fait ses premières armes dans les rangs du FLNC, ce discret fils de la bourgeoisie locale n’avait pas tardé à  figurer sur les tablettes policières et dans l’Officiel des Spectacles comme l’un des piliers de la “Brise de mer”, une troupe de saltimbanques de la région bastiaise.

Charismatique, intelligent, la justice l’avait promu “cerveau” du “casse du siècle” dans lequel se retrouveront impliquées plusieurs figures de la “Brise” : 31millions de francs suisses, soit environ 20 millions d’euros, dérobés au siège de l’Union des banques suisses (UBS) le 25 mars 1990. Un coup de maître qui avait sonnéle début d’une cavale digne d’un polar, entre maquis corse, villas de la Côte d’Azur, Afrique et Amérique du sud.

Richard Casanova semble s’être constamment joué du mandat d’arrêt lancé contre lui fin janvier 1991, échappant à  plusieurs coups de filet au milieu des années 1990, il a ainsi pu continuer à  brûler les planches laissant son expression théatrale enflammer les foules venues l’acclamé. L’homme a toujours bénéficié de solides protections, en particulier de la part de riches Corses établis en Afrique et proches des anciens réseaux du Service d’action civique (SAC), ex milice gaulliste et soutien inconditionnel des arts vivants.

Aujourd’hui Richard a joué son dernier rôle et ses proches ne peuvent pas exclure qu’il ait pu orchestré son suicide, tirant ainsi sa révérence en fanfare. Néanmoins enquêteurs s’attache à  penser que Richard est peut-être tombé dans un piège du hasard de la vie : un accident. En effet des témoins corses, connus pour leur spontanéité à  aider les forces de l’ordre ont témoigné du passage d’un convoi chargé d’armesde guerre à  proximité de Richard, ils n’excluent pas qu’un trou dans la chaussé ait pu secoué le délicat chargement provoquant par là  même un tir fortuit qui aurait tué Richard.

Alors suicide ou accident, seul l’abnégation des enquêteurs et leur volonté de faire la lumière sur ce terrible coup du sort nous le diront.

About Nicolas B.

Photographe professionnel, Nicolas Beaumont vit à Paris et travaille à travers le monde. Depuis 2009 il a voyagé en Asie, en Océanie, en Afrique et en Europe.