La nouvelle circule (circulait, peut-être ne circule t-elle déjà plus) sur twitter en ce qui concerne le quotidien gratuit “Métro” :
Le journal Metro France lance MetroReporter et signe l’arrêt de mort du photojournalisme http://ff.im/-fHIUp
Source www.actuphoto.com
Elle fait un peu moins de bruit en ce qui concerne d’autres journaux : Le Monde, Télérama, etc… mais elle est également vraie; beaucoup de journaux font appel à des contributions “amateurs” pour peupler leurs sites internet ou leurs éditions papier.
Alors ? Mort du photojournalisme ? Mort d’un photojournalisme ? Mutation profonde d’un métier ?
Encore la mort annoncée du photojournalisme ?
Dans une tribune parue dans Le Monde le 1er septembre 2009 titrant « Le photojournalisme a besoin d’imagination plus que de lamentations », Alain Genestar (ex-directeur de Paris-Match, entre 1999 et 2006, et actuel directeur de Polka magazine) prend le contre pied des différentes nécrologies.
Deux camps semblent s’affronter; et cette confrontation est plus subtile qu’il n’y paraît car chaque participant est souvent juge et partie.
Ainsi certains acteurs affirment que le photo-journalisme est mort ou agonisant. Leurs arguments :
La gratuité de certains journaux poussent les mêmes journaux à trouver des manières de baisser le prix des clichés.
Ces manières sont en général l’utilisation de photos provenant d’amateurs. Des amateurs qui s’équipent bien souvent comme des professionnels avec du Leica M9 ou S2 ou encore du Canon 1D ou 1Ds. Cet équipement associé à une pratique assidue de la photographie permet en général de produire des images d’une grande qualité; et c’est ainsi que au delà de Métro d’autres médias font appel aux contributions amateurs et gratuites ou low-cost: Télérama, Le Monde, CNN, Tf1, etc … Bref, la presse grand public.
Et puis il y a d’autres acteurs qui ont un point de vue “évolutionniste”; leur crédo est similaire à celui d’Alain Genestar :
Les mutations du monde n’ont pas encore été appréhendées par le monde de la presse et par leurs acteurs.
Les professionnels de la photographie qui auraient choisis le photojournalisme sont alors confrontés à des challenges économiques et commerciaux. Des challenges assez similaires à ceux de n’importe quel artisan (boucher, charcutier, opticien, etc…) face au rouleau compresseur de la grande distribution et de la consommation de masse.
Le photojournalisme du 21ième siècle sera, il sera de qualité; sans aucun doute original, audacieux, créatif etc… mais il ne sera pas de la confiture qu’on file à des cochons toutefois loin de moi l’idée de faire de l’élitisme. Mais les modèles de distribution actuelle de la presse écrite, web ou télévisée ne sont pas adaptées à des productions photographiques de qualité.
Les reportages de qualité sont produits en prenant le temps de les fabriquer, de les réaliser et de les distribuer; les lecteurs devraient fournir un effort équivalent pour en profiter. Prenez le temps de vous délecter de ces reportages, de les comprendre et même de les critiquer; vous participerez à la vie du photojournalisme.
Et puisqu’on est ici, si vous souhaitez découvrir mes reportages, suivez donc ce lien.

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