Photographie retouchée afin de modifier l’apparence corporelle d’une personne
C’est la mention que la proposition de loi relative aux photographies d’images corporelles retouchées (sic) souhaite rajoutée aux images de communication ou de publicité retouchées afin de rendre le modèle plus vendeur. Ainsi l’article proposé par Valérie Boyer, Député UMP des Bouches du Rhône prévoit :
Art. L. 2133-2. – Les photographies publicitaires de personnes dont l’apparence corporelle a été modifiée par un logiciel de traitement d’image doivent être accompagnées de la mention : “Photographie retouchée afin de modifier l’apparence corporelle d’une personne”.
Le non-respect du présent article est puni d’une amende de 37 500 €, le montant de cette amende pouvant être porté à 50 % des dépenses consacrées à la publicité.
A l’heure de l’annonce de la sortie Photoshop CS5 mais aussi des différentes polémiques autour des images de presse retouchées ou des concours photo qui disqualifient certains lauréats il semble bien que le fossé entre image et photographie se creuse. Car si la photographie est le résultat de la fixation sur une surface photosensible d’une scène réelle, une image n’est qu’une représentation proposée à nos yeux et à notre cerveau. Mais voilà, aujourd’hui les techniques de retouches semblent se perfectionner aussi rapidement que la cupidité humaine augmente. Et sans tomber dans l’utopie du non-mercantilisme il est important que les producteurs d’images comprennent l’impact de leurs visuels, notamment sur les jeunes publics.
Et pour vous, faut-il apposer cette mention ? Pensez vous qu’elle permettra d’éveiller les consciences ?


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Dans le même genre, je te conseille ce site : http://photoshopdisasters.blogspot.com/
Ma réponse est clairement non.
La photographie de mode n’a jamais eu pour but – depuis que ce type de photo existe – de coller à la réalité, bien au contraire ! La retouche numérique n’a donc pas changé la donne sur ce sujet. C’est plutôt, à mon sens, l’usage qui en est fait en particulier par la publicité qui entretient cette confusion : présenter comme un idéal de beauté une pseudo-perfection esthétique, souvent discutable d’ailleurs.
L’apposition de cette mention légale n’enlèvera pas à mon avis l’impact visuel qu’une photo de magazine peut avoir sur un ou une jeune ado (désir/envie, frustration, etc.). Qu’espère-t-on avec ce type de mesure ? Que les filles s’imposeront moins de régimes quand reviennent les beaux jours ? Qu’il y aura moins d’adeptes du bistouri dans les cabinets des chirurgiens pour corriger les petits défauts ? J’en doute fort.
Nous sommes à une époque où la photo n’a jamais été autant suspectée de contrefaçon, alors à quoi bon en rajouter ?
Tentons une explication, de celle qui nous ferait presque passer pour des adeptes de la théorie du complot. Imaginez que nos amis publicitaires aient la bonne idée de décliner le bio à la sauce fashion victim. Imaginez alors les futures légendes au bas des photos de mode : gambettes 100% naturelles et non retouchées, élevées en plein air, nourries au grain et – regardez le résultat ! – il y a même quelques poils qui dépassent… so chocking but so glamour !
Allez, j’arrête…
Tcho
PS 1 : fumer tue
PS 2 : l’abus d’alcool est dangereux pour la santé
Je te rejoins Hubert et je suspecte également que l’impact recherché sur la Santé publique soit minime. (En effet fumer tue …) Néanmoins l’apposition d’une mention discrète ne permettrait-elle pas de sensibiliser une certaine frange de la population ou en tous cas de rappeler que les images ne sont pas une photo de la réalité mais bel et bien l’expression d’un certain nombre de fantasmes. Je pense que nous sommes, par nos activités photographiques, ultra sensibilisés à la différence entre la réalité et le rendu final. Est-ce le cas pour tout le monde ?
Est-ce qu’il y a 30 ans tout le monde savait que fumer pouvait provoquer de graves maladies ?