Le 2 septembre j’enlève le haut … des photographies de Jean-François Jonvelle

Fin août 1981, en France, sur des affiches publicitaire on découvre une jeune femme en bikini et une légende : “le 2 septembre j’enlève le haut” …

Rien d’autre …

Quelques jours plus tard, la même jeune femme est représentée, sans le haut, exhibant une belle poitrine, avec une nouvelle légende prometteuse : “le 4 septembre j’enlève le bas” …

Et le 4 septembre, Myriam Szabo, apparaît de dos, nue.

Mais ce n’est ni la technique publicitaire employée par l’annonceur Avenir ou la plastique de Myriam Szabo qui nous intéressent ici mais le photographe derrière tout cela. Un photographe français, trop méconnu : Jean-François Jonvelle.

Jean-François Jonvelle : les débuts.

Né en 1943 dans le sud de la France (Cavaillon), Jean-François Jonvelle vendra les célèbres melons de Cavaillon pour acquérir un Hasselblad.

Il ne suit pas de grandes études mais décroche uniquement un certificat d’étude. Ses inspirations sont multiples dans la peinture chez Balthus, Bacon, Schiele, mais sa vraie culture vient du cinéma avec Mankiewicz, Lubitsch, Fritz Lang, Orson Welles, Arthur Penn, Minnelli, Hitchcock, Marcel l’Herbier, Tourneur, plus récemment “Brazil” de Terry Gilliam qu’il avouait avoir vu onze fois. Son film préféfé : “Jules et Jim” de François Truffaut.
En 1959, c’est Georges Glasberg, photographe, qui l’initie à la photo en lui faisant faire le tour de France des cathédrales, une passion pour la photo qui ne le quittera jamais. En 1963 agé  l’âge de 20 ans il devient l’assistant du photographe américain Richard Avedon après lui avoir écrit une lettre spontanée pour déclarer ses sentiments vis à vis d’une série photographique.
Il est ensuite devenu indépendant, travaillant toujours autour des femmes.

Il nous a quitté le 16 janvier 2002.

Un photographe de mode et de femmes.

Sa petite soeur, sa maman dont il a toujours été très proche, et sa grand-mère seront ses “premières victimes consentantes”. Première muse et complice, Tina Sportolaro qu’il rencontre en 1982 et avec qui il réalise quelques-unes de ses plus belles images. Viendra Béatrice en 1985. Puis Maud Marker, qui contrairement aux autres femmes avec lesquelles il partagera des moments de vie, n’a pas envie d’être prise en photos. Elle, en tailleur Chanel rose bonbon, lui en jeans et baskets. Elle est l’opposé des femmes qui l’attirent habituellement. Elle s’occupe des castings, le conseille dans ses choix et devient son agent jusqu’en 2000.
Il disait volontiers que son sujet préféré était les femmes qu’il aimait. Il publie en 1998 un album de photos qui est une sorte d’encyclopédie du décolleté, intitulé “balcons“. Il se disait volontiers de lui “je suis un obsédé sexuel sentimental, un voyeur né”. Mais la phrase qui le qualifie sans doute le mieux est :
Quand je photographie une femme, avait-il dit, je veux qu’elle sache qu’elle est la plus belle de la terre, parce qu’une femme qui se sent belle est vraiment la plus belle femme du monde. Mon bonheur, c’est aussi de n’avoir jamais entravé ma liberté, ni perdu ma fraîcheur, mon instant.

Les ouvrages de Jean-François Jonvelle.

Jean-François Jonvelle, outre cette campagne publicitaire qui a marqué l’esprit – des plus de 20 ans, j’en conviens, nous laisse une oeuvre photographique remarquable. Son ouvrage le plus connu est sans doute “Balcons” qui loin de s’attarder aux constructions métalliques ou cimentées, rend hommage aux attributs féminins les plus proches du cœur. Cadeaux idéal de la fête des pères et pourquoi pas des mères puisque la délicatesse de Jean-François Jonvelle permet de ne jamais basculer dans le voyeurisme ou la vulgarité.

Mais son oeuvre ne s’arrête pas à cet ouvrage de 1998 :

 

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About Nicolas B.

Photographe professionnel, Nicolas Beaumont vit à Paris et travaille à travers le monde. Depuis 2009 il a voyagé en Asie, en Océanie, en Afrique et en Europe.